Résumé
La violence et la tuerie constituent des thématiques centrales dans la littérature africaine contemporaine, particulièrement chez Ahmadou Kourouma et Amadou Djail. Dans Quand on refuse on dit non, Kourouma dépeint avec une lucidité implacable les massacres perpétrés durant les conflits armés en Afrique de l'Ouest, notamment à travers le parcours tragique des enfants-soldats. L'auteur ivoirien dénonce la barbarie qui s'empare des sociétés déchirées par les guerres civiles, où la tuerie devient une pratique banalisée, un mode opératoire pour conquérir et maintenir le pouvoir politique.Parallèlement, Amadou Djail dans Le Sahel explore les dimensions multiples de la violence meurtrière dans le contexte sahélien. Son œuvre met en lumière les tueries engendrées par les conflits ethniques, religieux et les rivalités pour le contrôle des ressources naturelles. La sécheresse, la pauvreté et l'instabilité politique créent un terrain fertile pour l'émergence de groupes armés qui sèment la terreur parmi les populations civiles.Les deux auteurs partagent une vision critique des mécanismes qui conduisent aux massacres collectifs : l'instrumentalisation de la jeunesse, la manipulation idéologique, l'effondrement des structures sociales traditionnelles et l'impunité des bourreaux. Kourouma utilise l'ironie mordante et un langage cru pour décrire l'horreur, tandis que Djail privilégie une approche plus documentaire, ancrant sa narration dans la réalité géopolitique du Sahel.Ces œuvres constituent des témoignages littéraires essentiels sur les tragédies africaines contemporaines. Elles interrogent la responsabilité collective face à la violence, la déshumanisation progressive des acteurs et des victimes, ainsi que les possibilités de réconciliation et de reconstruction après les tueries. En documentant ces atrocités, Kourouma et Djail participent à un devoir de mémoire indispensable et appellent à une prise de conscience internationale sur les drames qui continuent d'endeuiller le continent africain. Ce papier a comme objectif de traiter le problème de la tuerie en afrique contemporaine. Pour aborder ceci, nous avons employé la théorie sociocrique pour analyser les travaux de ces deux auteurs.








